Un article de la Société Herpétologique de France

Voici un article très intéressant de la société Herpétologique de France concernant la tarente.

Répartition
Des 3 sous-espèces décrites, seule la sous-espèce nominale, Tarentola mauritanica mauritanica, est présente en France, en bordure de la Méditérranée et en Corse. En Provence, elle est absente au-dessus de 750 m d'altitude (Knoepffler 1961). En Corse, plus de la moitié des populations habite entre 0 et 100 m ; mais elle est encore présente entre 500 et 600 m (Delaugerre, 1984). L'altitude maximum atteinte par cette espèce est 650 m, à Vernet-les-Bains (Pyrénées-Orientales) (Geniez, in Atlas SHF, 1989).
Taille - Poids
La Tarente mesure 10 à 16 cm de longueur totale. La longueur du corps varie de 5,8 à 7,3 cm (Delaugerre 1984) et peut atteindre 9 cm (Michelot 1980). Elle est de 8,4 cm chez les mâles et 7,5 cm chez les femelles (Salvador 1985). Le poids varie de 7 à 16 g (Delaugerre 1984).
Coloration

Elle varie au cours du nycthémère (claire durant le jour, sombre durant la nuit) et selon les conditions externes. La face dorsale est grise, crème, brune, jaunâtre, marbrée de taches sombres formant des bandes transversales sur la queue. La face ventrale est blanc-jaune ou blanchâtre. Après autotomie, la queue régénérée n'a pas de tubercules ni de taches.

Dimorphisme sexuel
Les mâles possèdent un rang d'épines de chaque côté de la queue qui peut intervenir comme moyen de défense (Varaldi 1941).
Biotope
C'est surtout une espèce de plaines côtières chaudes et sèches. On la trouve sur les vieux murs, les rochers, les falaises, les murs et les toitures des habitations et plus rarement sur les troncs d'arbres.
Comportement
Les deux sexes peuvent émettre de petits cris graves au cours de la période de reproduction et devant un danger. La Tarente est la plus active durant les premières heures de la matinée. Le maximum d'activité nocturne est secondaire et dû à l'influence de l'homme (Martinez Rica 1974). L'insolation matinale est assez fréquente en Provence. L'activité diurne semble avoir pour principale fonction la thermorégulation. Il existe chez la Tarente 2 optima thermiques distincts : l'un nécessaire pour certaines fonctions physiologiques et l'autre suffisant pour les activités sociales et la recherche de la nourriture (Delaugerre 1984). Cet auteur a observé des Tarentes actives à des températures corporelles de 14 à 17,6 °C et d'autres inactives de 23,8 à 26,4 °C. Elle n'est généralement active qu'au dessus de 15 °C. La température est le principal facteur déterminant l'activité de la Tarente. L'optimum thermique varie au cours de l'année, il est le plus élevé en automne (près de 28 °C) et le plus bas au printemps (Martinez Rica 1974). Très agile, elle grimpe pratiquement sur toutes les surfaces de substrat, même les plus lisses, grâce aux soies des lamelles sous-digitales. Mais le pouvoir adhésif des soies est rendu inefficace par l'action de l'eau (Gourvest 1959). Très casanière, la Tarente est souvent commensale de l'homme. Lorsqu'elle est dérangée, elle est capable de se déplacer très vite.
Les Tarentes adultes manifestent une intolérance intraspécifique qui se traduit par une certaine forme de comportement territorial (Rieppel et Haller 1973 ; Martinez Rica 1974). Le domaine vital, dépendant beaucoup de la densité des populations, varie de 1 à 30 m2. En dehors des concentrations urbaines, la densité peut atteindre 20 individus à l'ha (Martinez-Rica 1974).
Hivernage
Il n'est pas impératif et certains individus peuvent être vus en activité durant l'hiver. Cependant, la majorité des animaux hivernent, parfois en groupe de sexes et d'âges différents, de fin octobre à début mars.
Nourriture
Elle se nourrit d'Arthropodes parmi lesquels les Insectes sont les plus nombreux. Dans le régime alimentaire les Hyménoptères sont les mieux représentés (31,6 %), les Arachnides viennent ensuite (16,2 %), puis les Coléoptères (13,7 %) (Escarré et Vericad 1981). La Tarente chasse à l'affût, souvent à proximité des sources lumineuses qui attirent ses proies. Chaque individu défend un petit territoire de chasse.
Reproduction

La maturité sexuelle est très précoce chez les mâles. Les femelles sont matures plus tardivement, à 1 an et plus (Martinez-Rica 1974). Les accouplements, avec étreinte, ont lieu au printemps. Au sud de l'Italie, le mâle de Tarente présente 2 périodes d'accouplement : la principale au printemps et en été, et l'autre, facultative, en automne (Angelini et al. 1983). Les pontes ont lieu de la fin avril à la fin août. Picariello et al. (1989) ont observé au moins 3 pontes durant la période de reproduction : à la fin de mai, en juin et en juillet. Ils n'ont jamais trouvé plus d'un oeuf par oviducte. En élevage il peut y avoir 4 pontes annuelles (Levrat-Calviac 1986). Les oeufs, ovales et blancs, sont généralement au nombre de 2. Ils pèsent en moyenne 0,8 g et mesurent de 13 x 9 mm (Picariello et al. 1989) à 15 x 10 mm (Levrat-Calviac 1986). En Espagne les dimensions extrêmes des oeufs sont 11,6 à 14,8 x 9,9 à 11,4 mm (Lopez-Jurado et al. 1982). A la ponte, les oeufs sont mous et adhésifs, ce qui permet à la femelle de les coller à un substrat. La coquille durcit en 3 à 4 jours ; elle devient comme celle des oeufs d'Oiseaux et mesure 0,2 mm d'épaisseur. L'incubation dure de 2 à 4 mois, 2 mois à une température moyenne de 30 °C en atmosphère saturée d'humidité (Levrat-Calviac 1986). Dans le sud de l'Espagne, Lopez-Jurado et al. (1982) ont enregistré des durées d'incubation exceptionnellement courtes (de 4 à 12 jours). A l'éclosion, les jeunes mesurent de 30 à 50 mm ; 22 mm de longueur corporelle et 40 mm de longueur totale pour un poids de 0,5 g (Levrat-Calviac 1986). Les jeunes qui muent dans les 12 ou 24 heures sui¬vant la naissance, manifestent très tôt un comportement territorial.

Longévité
En captivité, elle atteint 8 ans, mais dans la nature les Tarentes de plus de 4 ans sont extrêmement rares.

Fiche tirée de l'ouvrage : "Les Lézards de France" de Guy Naulleau / Revue Française d'Aquariologie Herpétologie / 17ème année - n° 3 et 4 - 3ème et 4ème trimestre 1990
Que vous pouvez vous procurer auprès de la Revue Française d'Aquariologie et d'Herpétologie (R.F.A.H.) / Musée de Zoologie / 34, rue Sainte Catherine / 54000 NANCY

 



11/01/2007
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